vendredi 31 décembre 2010

Dernier jour : belle année 2011 à tous !

Il y a une année, à l'heure de la bascule fatidique vers 2010, j'avoue avoir quelque peu craqué. Quelques larmes versées pour enfin laisser derrière moi 2009.

2009 restera pour moi l'année de la douleur, de l'incertitude et de l'annonce de la maladie. Je percevais 2010 comme l'année du traitement, de la bataille,... L'année qui me verrait revenir à la vie. D'où cette petite émotion au moment du passage...

Le 14 décembre dernier, nous avons atteint l'objectif fixé alors.

Ce soir, nous nous apprêtons tous à tirer un trait sur cette première décennie du siècle. J'ai écrit mon premier article sur ce blog le 29 décembre 2009. Et bien, presqu'un an jour pour jour, j'écris mon dernier post. Je ne l'avais pas prémédité. Je ressens juste le besoin de mettre cette "aventure" encore un peu plus derrière moi.

Le cancer m'a changé pour toujours. C'est indéniable. Ce blog aura contribué à sa façon au traitement et m'aura souvent servi d'exutoire dans les moments difficiles. Il a surtout constitué une passerelle avec vous. Un partage qui aura été essentiel. Certains d'entre vous ont laissé un message, d'autres auront été plus timides et m'ont envoyé des mails suite à la lecture des articles, et les derniers se sont "contenter" de lire. Quelle que soit la "tribu" à laquelle vous appartenez, je vous remercie.

Vous m'avez aidé, probablement plus que vous ne pouvez l'imaginer, à lutter face à cette maladie. Alors, merci. Merci, de ma part bien évidemment, mais je ne pense pas m'avancer en vous remerciant également de la part de Dou et Biscotte.

Pour ne pas épiloguer trop longuement, c'est par une image prise le 24 décembre que nous vous souhaitons tous les trois, une belle, prospère et positive année 2011, pleine de bonheurs et de partages.

jeudi 16 décembre 2010

Jour 348 : Veni, vidi, vici !

Le mardi 14 décembre 2010 marquait "l'anniversaire" de l'ablation de ma tumeur sphénoïdale au service de neuro-chirurgie du CHU de Rennes. Un souvenir...

Le mardi 14 décembre 2010 restera également comme le jour où un hématologue nous reçut, Dou et moi, pour nous annoncer que nous venions de mettre à terre ce Lymphome B à grandes cellules. Oui vous avez bien lu. Mon traitement est terminé. Je suis officiellement en rémission totale. Yyyyyeeeeesssss !

Les dernières images, issues de l'IRM Cérébral et du TEP Scann, ne laissent plus de place au doute. Finies les traces malignes, ces formes noires ou blanches en fonction de l'examen, qui marquaient la présence de la maladie dans mon organisme.

Bon, vous dire que nous réalisons vraiment ce qui se passe serait mentir. Depuis mardi, un poids est levé. C'est flagrant. Nous avons même par moment, surtout juste après l'annonce, eu le sentiment de planer (mais sans avoir recours à la morphine cette fois ;-) Mais les montagnes russes émotionnelles sur lesquelles nous étions engagés depuis de nombreux mois ont aussi leur revers : la fatigue, voire l'épuisement. Du coup, nous ne vivons pas pleinement la positivité de l'instant. Tant pis, il sera toujours temps de réaliser car le principal est bien là : la rémission. Un mot, à priori peu mélodieux, qui sonne comme une douceur à nos oreilles. Allez savoir pourquoi...

Je rentre dorénavant dans la phase de "contrôle continu". Prochaine série d'examens fin mars 2011. De nouvelles émotions en perspective. Ce seront dorénavant des étapes qui jalonneront les prochaines années de ma vie. C'est un fait. Tout patient ayant connu les affres du cancer et qui y a survécu connaît ces périodes. En fait, je me considère heureux aujourd'hui de m'engager dans cette phase. Même si je repasse par des périodes de doutes et d'angoisse.

Voilà. Ce post ne sera probablement pas le dernier car je continuerai, surtout durant les premiers temps, à ressentir le besoin de partager ces sensations de vie nouvelle. Peut-être même, aurai-je l'envie de revenir sur tel ou tel événement de mon aventure.

J'ai longtemps espéré pouvoir écrire ce post. Je devais me battre dans ce but. Pour Dou, pour Biscotte, pour celles et ceux qui ont été à mes côtés tout au long de cette aventure. Pour vous, chers lecteurs, qui avez suivi mes péripéties durant cette année.

À vous tous, je dis merci.

Dou, Biscotte, je suis heureux d'être à nouveau (enfin presque) le mari, le père, sur qui vous pourrez vous reposer. Je vous aime.

PS La citation attribuée au grand Jules, qui sert de titre à ce post, est un clin d'œil à des lecteurs assidus de ce blog. Une "Royal" citation =)

mercredi 8 décembre 2010

Jour 340 : 100, 3,... et 1 !

Aujourd'hui, je commencerai par un hommage. Le 8 décembre 1910 naissait Amélie. Non pas Poulain, mais Launay. Ma chère "mamy". En ce mercredi, elle aurait eu 100 ans, si elle ne nous avait quitté un jour de février 2002... Alors, c'est pour elle ce nombre rond, ce siècle passé.

Un siècle qui aura vu vivre et s'éteindre 3 nouvelles personnes de cette salo***ie de maladie. J'ai appris leur décès dans les 4 derniers jours. Ce n'était pas des proches, à peine des connaissances, ou tout simplement des intimes de connaissances. Mais ça fait forcément trop. Trop de douleurs, trop de souffrances, trop de peines,... 3 vies au milieu de tant d'autres.

Enfin, 1. Oui 1, pour un an. Le 8 décembre 2009, ne tenant plus en place, je "harcelais" l'interniste qui pilotait la batterie d'examens que je subissais alors dans le but d'établir un diagnostic au regard de tous les symptômes apparus depuis presque huit mois.
Et vers 18 heures, ce mardi 8 décembre 2009, il m'annonçait que je souffrais d'un Lymphôme B à grandes cellules. "La moins pire des nouvelles que je pouvais vous annoncer." ajouta-t-il. Certes, mais il venait de m'annoncer que je rejoignais la (trop grande) famille des combattants du cancer.
Comme je l'ai écrit ici, il y a de nombreux mois maintenant, ce fut plutôt une délivrance qu'un choc. À un tel point que Dou, absente lors du coup de téléphone, croyait, aux traits de mon visage quand elle revint, que l'on venait de m'annoncer une bonne nouvelle. Ce 8 décembre 2009, en fin de journée, j'ai vu mon épouse se décomposer et fondre en larmes sur mon épaule. Je ne l'oublierai jamais.
C'est donc 1 pour un anniversaire. Une date inoubliable qui marqua le début d'une folle aventure dont j'espère aujourd'hui l'issue proche. Une aventure, et quelle aventure !